Postulat artistique

Postulat artistique

Être un artiste c’est :
Questionner l’absurde en interpellant et en Interprétant  la réalité
Marcher devant soi-même, se dépouiller du superflu
Ainsi
L’œuvre questionne,
Donne à voir, à comprendre, à ressentir, elle éclaire.

 

L’art n’est pas un miroir de la société car l’acte de création est par essence empirique, il  ne peut donc pas être servile.

Nous voyons fréquemment des œuvres d’art utilisées comme du matériel décoratif urbain ou rural affublées de l’épithète Art « in – situ »

Le postulat in – situ ne renvoie la plupart du temps qu’à la seule préoccupation formelle de l’œuvre dans son environnement, en tant qu’objet, point focal, à partir duquel la lisibilité du lieu découle.

L’œuvre sacrifie ainsi, dans un acte de complaisance, à l’édifice esthétique, mais quid de l’Environnement ?

Une œuvre d’art est un point de convergence qui convoque tous les sens, tous les savoirs, toutes les émotions propres à chaque personnalité artistique.

Une œuvre d’art témoigne, à la croisée des déterminismes, d’un instant fait de certitudes et de doutes dans le cheminement créatif.

Si l’artiste est un passant dans sa nature humaine, il est aussi et surtout un passeur, en cela qu’il a reçu, qu’il perçoit, et qu’il transmet.

Une œuvre d’art participe à, une forme, une tentative d’élucidation consciente et inconsciente du microcosme humain, comme du macrocosme social et en cela elle est universelle.

L’artiste a une vocation « prométhéenne », souvent il doit transgresser, provoquer, défoncer, mettre à jour, pour accéder à l’essence des choses, « donner à voir »

De la même façon qu’il faut élaguer, se dépouiller des artifices pour accéder à l’essence de soi.

Concernant mon intimité physique avec l’environnement

C’est à partir de mes expériences empiriques et sensuelles que j’ai abordé une réflexion relationnelle, étayée par des textes philosophiques et poétiques, depuis Démocrite, Épicure à Lucrèce.

A la lumière de Gaston Bachelard, des voies sensibles m’éclairaient, révélant un paysage où j’étais à la fois une parcelle et la totalité.

« Nul ne sait si son corps est une plante que la terre a faite pour donner un nom au désir »

Cette phrase attribuée à Lucien Becker par Gaston Bachelard (in La terre et les rêveries du repos) m’a beaucoup impressionné, elle a conforté en moi la certitude du cheminement, que mon travail opérait.

Le besoin d’éprouver physiquement les éléments me poussait comme une injonction :

Va te plonger nu dans le limon, sois une racine fouissant les profondeurs, éprouve la résistance de l’argile à tes assauts, apprends à la dompter, à la comprendre pour mieux la modeler.

Va pieds nus à la rivière entre dans l’eau bois-en, joue avec le flux du courant dans tes mains, sur ton corps.

Regarde les plantes respire-les, manges-les, roule-toi dedans, regarde les arbres étreins-les, éprouve la texture des écorces, écoutes-les vivre et vibrer au souffle de l’air, regarde le ciel puis regarde la multitude de ce que tu viens de ressentir et jouis avec elle.

Puis est advenu la graine

La graine comme la représentation implicite de tous les états du végétal accompli dont elle procède.

Des graines pour advenir

Montrer ces graines d’où poussent des plantes  qui écrivent des paysages sur la terre, dans le ciel et dans ma mémoire.

Montrer mes œuvres qui sont des arbres dont je sculpte la graine

Graver dans son bois le signe du lieu où a poussé l’arbre dont j’ai sculpté la graine.

Retrouver la mémoire de ces paysages où poussaient des arbres qui ont produit des graines.

 

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