Postulat écolo-artistique

Sauver la biodiversité, une croisade des temps modernes !
Nous voici entrés dans une période d’érosion du vivant que nombre de scientifiques nomment  la sixième extinction de masse dans l’histoire de notre planète.
Même si l’estimation de cette érosion de la biodiversité reste encore à préciser, elle est
d’ores et déjà très  inquiétante puisqu’elle met en péril les équilibres biologiques et le fonctionnement des écosystèmes qui constituent la base des ressources et du développement de nos sociétés.
En effet, on peut se représenter le monde vivant construit comme une pyramide. Imaginez que le ciment qui tient les pierres de base de cette pyramide est sapé, alors c’est tout l’édifice qui s’en trouve ébranlé. On peut utiliser la métaphore de la chaîne où chaque maillon garanti la solidité de l’ensemble. Ainsi, par exemple, la perte d’une plante dans un milieu donné peut entraîner par voie de conséquence la disparition du cortège d’insectes  qui lui sont inféodés, puis des animaux qui se nourrissent des insectes. La formule « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » trouve là tout son sens »
Nous avons des connaissances fondées sur des réalités scientifiques qui nous renseignent sur ce que nous perdons et sur les conséquences de ces pertes.
Reste que de grandes questions taraudent nos consciences sur l’origine et les causes de cette perte de biodiversité, pertes de savoirs, de savoir-faire, ce qui constitue en général le patrimoine des sociétés humaines. Dans la mesure où ces pertes sont la conséquence des choix que nos sociétés opèrent pour elles-même, et la plupart du temps dans un but économique, ce n’est donc pas une perte subie, dès lors il convient de dire que c’est un abandon de ce patrimoine !.

Certes nous sommes, en vivant aujourd’hui, responsables et garants de l’avenir du vivant. Nous avons conscience d’ une lourde responsabilité. Cet examen de conscience nous oblige à revisiter notre histoire. Nous sommes héritiers d’un rapport à notre terre qui s’ inscrit dans une transmission de valeurs et que c’est probablement cela qu’il convient de revisiter et mettre en cause. Le travail de mémoire est une condition du progrès et de la survie de l’humanité.
La philosophie apporte un éclairage important sur l’évolution de notre rapport à la nature. Aux V ème et IV ème siècle avant JC, les premiers philosophes matérialistes Abdéritains et Cyrénaïques, dits présocratiques, ont défendu et enseigné une idée de l’existence et du bonheur de l’homme dans sa nature animale et terrienne au sein d’une nature (phusis) dont il procédait. Puis Platon a imposé sa vision idéaliste de l’existence fondée à l’opposé sur un reniement de la part animale et sensuelle de l’homme en privilégiant le spirituel,(nomos).
Platon ne savait pas qu’il préparait ainsi le terrain des idées à une pensée chrétienne qui allait advenir et qui amplifiera  cette mise à distance entre l’homme et son animalité,  la nature,  le reniement de la chair, (la chute). Platon ne savait pas que son (nomos)  prendrait comme une mayonnaise spirituelle monothéiste qui exclura tous les panthéons, en niant la naturalité de l’homme qui, lui, procèderait de l’esprit…célébration de l’ âme, détestation du corps, la pensée de Platon est dans ce sens responsable de la séparation entre l’homme et la nature.

Depuis Platon,notre histoire a montré les capacités de l’humanité à s’affranchir de tous les repentirs en matière de massacres du vivant. Il ne s’agit pas d’énumérer la qualité ou le nombre pléthorique des morts dans le genre humain, mais de s’interroger sur le fondement de la qualité d’Être humain. Lorsque nous interrogeons la part sombre de notre histoire sur ce désir de destruction qui pousse l’Homme  à perpétrer des massacres envers tous les règnes du monde vivant, nous questionnons les motivations et les choix qui conduisent les décisions politiques.
Qu’est-ce qui, dans la conscience individuelle et collective, gouverne notre raison lorsque nous éradiquons une population, qu’elle soit humaine, animale, ou végétale.
Quelle raison morale, culturelle, économique ou sociale peut justifier l’évitement du repentir.
On le sait, l’humanité est une part dépendante de la biodiversité mais elle n’est pas indispensable à la vie. Qu’est- ce que l’humanité retient de son histoire pour assurer son avenir ?
Est-elle prête à une vigilance collective et individuelle en se souvenant que l’indifférence est complice du crime.

En effet, nos sociétés modernes influencées par la pensée évolutionniste ont accompli une grande émancipation culturelle.
Si l’on considère l’évolution de l’espèce humaine, la majorité des esprits scientifiques s’accorde à dire que nous sommes à peu près fixés du point de vue biologique.
Aujourd’hui, nos sociétés évoluées sont de moins en moins soumises à la sélection naturelle puisque nous maîtrisons des palliatifs chimiques pour corriger les désaccords dans notre physiologie humaine, de même qu’entre l’Homme et son milieu naturel. En conséquence, notre Humanité se départit, s’affranchit du créationnisme grâce aux prodigieuses avancées des sciences, des techniques et de la pensée.
Cependant, face aux désordres de l’humanité, on constate que ce progrès n’est pas la panacée du bonheur.
Les technologies apportent un progrès très important du point de vue des sciences mais au motif que le confort, le bien-être et l’enrichissement apportent le bonheur on a oublié que le bonheur est fondé sur d’autres valeurs, En effet, toutes les technologies ne peuvent se substituer aux valeurs morales, sociales et affectives qui sont le fondement même de l’Humanité.
Les technologies sont utilisées à surproduire de la richesse qui n’est même pas partagée sur la planète et cela en compromettant de manière suicidaire nos ressources et notre avenir.
Mon travail d’artiste est nourri de ces questionnements mais si il s’attache d’abord à révéler l’intimité des plantes par la plastique, c’est parce que dans l’intimité d’une graine  il y-a l’origine et l’avenir de notre humanité… et puis ma rêverie.

 

Lire aussi

Postulat Artistique Postulat philosophique

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *